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Longue marche pour le savoir | Longue marche pour le savoir |
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Cheikh Baqi Ibn Makhlid (que Dieu lui fasse Miséricorde) naquit en 201 après l'hégire en Andalousie (Espagne musulmane) et mourut en 276 après l'hégire. Il laissera un recueil de Hadîths malheureusement perdu : Musnad Ibn Makhlid. Il a 20 ans quand il entend parler d'un homme possédant une science des Traditions prophétiques particulièrement grande : Imâm Ahmad Ibn Hanbal (que Dieu lui fasse Miséricorde). Seul problème : cet illustre savant vit au Shâm, ce qui n'est pas la porte d'à côté. Qu'à cela ne tienne. Il décide d'y aller en marchant. Après tout, le Prophète de l'islam (paix sur lui) n'a-t-il pas dit : « Celui qui suit un chemin à la recherche d'un savoir, Dieu lui facilite un chemin vers le Paradis. » (Mouslim) Il descend alors l'Espagne, loue une embarcation pour rejoindre l'Afrique du Nord qu'il traverse d'Ouest en Est. Et le voilà aux portes du Shâm. Survient alors une autre difficulté. Il arrive au moment où Imâm Ahmad est acculé par le pouvoir en place car il refuse d'adhérer au Mu'tazilisme devenu doctrine d'état. D'ailleurs, on lui a depuis peu interdit de donner des cours de science religieuse. Baqi Ibn Makhlid entend des accusations à l'encontre de Ahmad Ibn Hanbal. Se serait-il trompé et marché toute cette route pour rien ? Il raconte : « En m'approchant de Bagdad, j'appris la sanction contre l'imâm, à savoir l'interdiction de continuer ses cours. Je fus effondré. En arrivant dans la ville, j'entrai dans une mosquée où une grande assemblée de science était réunie autour d'un homme qui parlait de narrateurs de Hadîths. Je m'enquis de son identité et on me dit qu'il s'agissait de Yahyâ Ibn Ma'în (que Dieu lui fasse miséricorde). Je saisis cette occasion en m'approchant de lui et je dis : « Ô Abû Zakariyyâ ! Que Dieu te fasse miséricorde ! Je suis un voyageur qui vient de loin et j'aimerais te questionner. » Il me donna la permission. « Je lui demandai alors à propos de certains narrateurs de Hadîths » Il approuva certains et désapprouva d'autres. Enfin je demandai « Et que penser de Ahmad Ibn Hanbal ? » Il me regarda avec étonnement et dit : « C'est moi que tu questionnes à propos de Imâm Ahmad ? Par Dieu ! C'est le leader des musulmans et le meilleur d'entre eux! » Sa réponse me remplit de courage. Je me mis à la recherche de la demeure de l'imâm. Une fois devant sa porte, je frappai. L'imâm m'ouvrit. Je saluai et dis : « Abû Abdullâh ! J'aimerais étudier les Hadîths et j'ai entrepris un long voyage pour profiter spécialement de tes connaissances. » Il me dit d'entrer de peur que l'on me voie parler avec lui. Il me demanda : « D'où viens-tu? » Je lui dis : « De l'Ouest. » Il dit : « Tu viendrais d'Afrique ? » Je lui dis: « Vois-tu la mer après l'Afrique ? Il me faut la traverser pour entrer chez moi. » Il dit: « D'Espagne ? » Je dis: « Et je suis venu à pieds. » Il dit: « Rien ne me serait plus cher que de t'enseigner. Mais vois-tu ma situation ? On m'empêche de donner mes cours. » Je lui dis alors : « Mais j'ai pu voir des mendiants venir frapper chez toi, et tu sors les remettre quelque chose. » Il confirma. Je dis : « Alors, je m'habillerai en mendiant, viendrai frapper chez toi. Tu sortiras et, feignant de me donner quelque chose, m'enseignera de cette manière quelques Hadîths. » C'est ce cette façon que Baqi Ibn Makhlid commença son apprentissage. Il raconte qu'il apprit quelques 300 Hadîths de cette manière auprès de l'imâm. Quand celui-ci obtint à nouveau l'autorisation de dispenser ses cours, il faisait s'asseoir Baqi Ibn Makhlid auprès de lui. Les élèves, qui pensaient que Ibn Makhlid n'était qu'un mendiant parmi les autres, protestaient. Mais Imâm Ahmad leur disait : « Il est le plus digne de ce titre étudiant des Hadîths ! » Son apprentissage terminé, Ibn Makhlid retourna en Andalousie. À pieds bien sûr. Il devint un fameux enseignant des Traditions Prophétiques. Quand il voyait chez ces élèves un manque d'ardeur, il leur disait, parlant de lui-même mais s'interdisant de se nommer par modestie : « J'ai connu des hommes qui durant leur jeunesse ne trouvaient rien à manger dans leur quête du savoir. Ils se nourrissaient des feuilles qu'ils trouvaient ci et là. J'ai connu des hommes qui durent marcher beaucoup pour acquérir le savoir. J'ai connu des hommes qui durent se priver pour pouvoir acheter de quoi écrire ce qu'ils apprenaient. J'ai connu des hommes qui durent souffrir énormément pour acquérir le savoir. Mais je ne vois plus que des gens paresseux dans leur apprentissage. » Si pour réussir des exploits, certains se dopent en forçant leur corps à prendre anabolisants ou hormones de croissance, d'autres se contentent de graver dans leur coeur ces paroles du Prophète de l'islam (paix sur lui) : « Les Anges étendent leurs ailes sur celui qui recherche le savoir, tant ils sont satisfaits de son action. Tous ceux qui sont dans les cieux et sur la terre implorent le Pardon de Dieu pour les savants, jusqu'aux poissons dans l'eau. La supériorité du savant sur l'adorateur est comme celle de la lune sur les autres astres. Les savants sont les héritiers des Prophètes (paix sur eux). Les Prophètes (paix sur eux) ne laissent pas d'argent en héritage. Leur héritage est le savoir. Celui qui reçoit le savoir reçoit une grande richesse. » (Ahmad, Abû Dawûd, Tirmidhî, Ibn Mâjah)
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